Julie Larson-Green, qui a pris la position de Steven Sinofsky après son départ plus ou moins voulue, vient de réaliser sa première interview en tant que responsable de la division Windows. Cette interview réalisée auprès du MIT Technology Review évoque forcément les sujets chauds du moment : Windows 8, les interface et le tactile, Surface et Sinofky.

CapturePetit tour d’horizon de tous ces sujets grâce à une retranscription par thématique.

  • La révolution Windows 8, le tactile au coeur de l’interface :

Julie estime que l’interface générale de Windows avait 25 ans et avait bien besoin d’un rajeunissement pour que le système suive les tendances, les envies et les usages des PC. S’il y a 25 ans, un PC était une tour et un écran dans un bureau, aujourd’hui, un PC c’est à peu près tout sauf cela. On a des ordinateurs portables, des tablettes, des hybrides, des box, des tout-en-un. Bref une diversité. Pour accompagner cette diversité, Microsoft a réfléchit à faire en sorte qu’on puisse interagir avec le système sous différentes formes : clavier, souris et aux doigts via le tactile.

Au centre de ces interactions se trouve non plus le bureau austère et passif u’on avait jusqu’à maintenant mais un véritable dashboard qui représente autant d’interactions et de choses que l’on pourrait faire. Cela permet d’aller plus vite que d’avoir simplement des icônes qui ne représentent rien.

A propos du tactile, Julie pense que c’est la manière la plus naturelle d’interagir avec une interface et que même sur un PC avec un clavier et une souris, il est parfois plus rapide de prendre sa main et de faire directement l’action sur l’écran. L’atout de Windows 8, c’est avant tout sa flexibilité. Cela est vrai aussi bien avec le fait que le bureau de Windows 7 soit maintenu mais aussi avec le fait que le tactile arrive sans se substituer à un autre type d’interaction, il vient compléter et enrichir l’expérience. Cela veut donc dire qu’on peut tout à fait imaginer des PC sans tactile. Ce sera notamment le cas sur des ordinateurs qui misent sur un coût le plus faible possible et pour qui un écran tactile est donc à oublier.

 

  • Windows 8, réponse à Apple et iOS ?

Julie tient à rappeler à nouveau que le développement de Windows 8 a commencé à être réfléchi peu avant la sortie de Windows 7 en 2009 et donc bien avant la sortie de l’iPad qui s’effectuera plus tard. Ce système n’est donc pas une réponse au développement des OS mobiles pour des appareils autre que smartphone. Elle s’amuse même à se rappeler que Microsoft avait fait des choix pour Windows 8 qui ont eu des similitudes sur l’iPad. Mais là ou les deux systèmes sont très différents (ce qui est aussi valable pour Android si on met de côté les widgets qui sont souvent accessoires), c’est que Windows 8 propose des tuiles dynamiques qui changent complètement les interactions avec les machines.

 

  • Windows 8 et les réticences du public

Selon Julie, il est vrai que le public observe quelques réticences vis-à-vis de Windows 8 mais elle estime que le plus dur c’est de s’y mettre mais qu’après ce n’est que du bonheur. En fait, il faudrait entre 2 jours et 2 semaines pour se faire complètement au système. Au début les gens sont réticents et ont le même usage que Windows 7 mais selon Julie, rapidement ils profiteraient des nouveautés de Windows 8 en se disant qu’au final ça va plus vite et/ou c’est mieux réalisé. A titre d’exemple, Julie cite l’exemple de la barre des charmes : 90 % des utilisateurs de Windows 8 qui ont autorisé l’envoi de données d’usages à Microsoft l’utilisent régulièrement.

Il est normal qu’il y ait des réticences et Julie en a déjà connu à l’époque où elle s’occupait d’Office et qu’un changement important a eu lieu au niveau de l’interface. Au début, la majorité s’en plaignait et une fois qu’ils ont commencé à l’utiliser, l’avis était complètement différent. Cela devrait donc être similaire selon elle pour Windows 8.

 

  • A propos de la Microsoft Surface

Le discours sur la Surface est bien rodé. Cette tablette n’a pas vocation à dominer le marché mais bien à montrer aux constructeurs ce que l’on peut faire avec Windows 8. Si Microsoft a tenu à réaliser cette tablette, c’est qu’il sait que les constructeurs ont tendance à prendre du temps pour utiliser les nouveautés des systèmes pour offrir des choses innovantes notamment à cause de l’adaptation des chaines de montage et de l’approvisionnement. Pour accélérer les choses, Microsoft a donc créé sa tablette et montrer la voie. C’est vrai que les produits un peu différents sont très nombreux chez les constructeurs même si pour la plupart pas encore tout à fait disponibles. Reste qu’on ne sait pas vraiment si cela est une conséquence de l’annonce de la Surface ou non.

La Surface est un produit de long terme pour Microsoft. On ne sait pas si cela veut dire que le produit restera longtemps au catalogue ou s’il recevra des mises à jour hardware pour le maintenir au niveau de la concurrence mais on imagine que ce sera le cas. Il est de toute façon nécessaire de prendre du temps pour installer durablement une marque et un concept comme Surface.

 

  • Sinofsky, sa position et l’avenir

Pour Julie, « Steven sinofsky est un leader incroyable aussi bien au niveau des compétences que de la personne mais personne ne peut tout faire à lui seul. C’est grâce à une équipe et une culture que vous créez de l’innovation. » Une manière de confirmer qu’il s’est fait licencier car il ne jouait pas collectif et qu’il avait tendance à ne pas assez déléguer.

Julie l’ayant remplacé, on aurait pu penser que cela aurait bousculer pas mal de choses chez Microsoft mais Julie tient à rassurer tout le monde. Elle connait Steven depuis 20 ans et a travaillé avec lui depuis 7 ans. Elle a une manière de penser assez similaire, il ne faut donc pas s’attendre à de revirement stratégiques ou quoi que ce soit de ce genre.

Même si Windows 8 est sorti, l’équipe derrière la division Windows ne chôme pas selon Julie. Le rythme n’a pas diminué car il y a plein de technologies auxquelles il faut réfléchir. Reste à voir si ces technologie donneront des produits et à quelle échéance mais là-dessus, elle ne dira rien et il faudra attendre.

 

Voilà pour la retranscription de cette interview, la suite au prochaine épisode.

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