Voilà une rumeur qui se répand comme une trainée de poudre depuis hier à propos du prix de la Microsoft Surface. Selon une information révélée par Engadget, la tablette du géant du logiciel sortirait à 199$ soit très en dessous des prix de la concurrence.

La tablette Surface annoncée en grande pompe pendant une conférence présidée par Steeve Balmer au mois de juin dernier fait beaucoup parler d’elle. Elle a su intéresser nombre de professionnels qui ont été surpris par Microsoft. Cela faisait longtemps que Microsoft n’avait plus la hype et avait du mal à innover. Ces derniers mois, l’image de l’entreprise a peu à peu évoluée pour être véritablement transformée avec cette annonce. Le problème, c’est que le produit a été annoncé en laissant de côté les points les plus fâcheux et notamment le prix de la tablette.

Les premières critiques du produit ont d’ailleurs porté sur le prix. Microsoft ayant annoncé qu’il s’alignerait sur les prix du marché, les analystes ont commencé à se poser la question de la fourchette qui serait celle de la Surface et beaucoup pensaient que la tablette serait au dessus du prix de l’iPad ou au mieux à un tarif équivalent.

La rumeur relayée par Engadget fait état d’une toute autre réalité qui remet même en cause les discours officiels de Microsoft à propos de la tablette. Tous les responsable de l’entreprise n’ont cessé de répéter que ce produit était là uniquement pour lancer le marché. Les partenaires constructeurs qui vont également sortir des tablettes ne sont pas de cet avis et Acer a expressément demandé à Microsoft de ne pas sortir un produit à 200$.

Microsoft aurait en effet annoncé pendant une conférence interne à l’entreprise (TechReady15) des détails de lancement pour la Surface : une sortie le 26 octobre (le même jour que son système d’exploitation Windows 8) et un prix de vente de 199$ pour la tablette avec processeur ARM.

Si ce prix s’avère, Microsoft va faire une entrée fracassante sur le marché de la tablette et bouleverser durablement les forces en présence.

Le marché de la tablette est actuellement bipolaire : on a d’un côté les tablettes 10 pouces à 400$ et plus (iPad 2 et Nouvel iPad, 68% du marché de la tablette) et de l’autre les tablettes 7 pouces à moins de 300$ et la plupart à 200$ comme la Kindle Fire d’Amazon et la Google Nexus.

Microsoft proposerait donc un produit 10 pouces au prix des 7 pouces. Il faut bien comprendre que les tablettes 7 pouces vendues à 200$ sont proposées à prix coutant voire même à perte, les bénéfices venant des achats numériques réalisées dans les boutiques des tablettes (applications, films, livres, musiques). Si les tablettes 7 pouces à 200$ ne permettent pas de gagner de l’argent, que dire alors d’une tablette 10 pouces dont les composants doivent couter plus cher (notamment la dalle de l’écran, le châssis et la batterie).

Cette stratégie de différenciation par le prix a été partiellement mise en place par Microsoft pour sa Xbox afin de s’implanter durablement sur le marché des consoles de jeux vidéo. Il est plus que probable qu’il n’aurait pas été possible à Microsoft d’être là ou il en est sur ce marché si cette stratégie n’avait pas été suivie.

Compte tenu de ce qu’il s’est passé avec le Zune il y a quelques années, il n’est pas impossible que Microsoft se dise que cette stratégie de différenciation est la seule solution. Vers 2006 , le marché du baladeur numérique était en plein essor et l’iPod ultra dominant. Microsoft a alors réfléchit à un concurrent, le Zune proposant les mêmes fonctionnalités que l’iPod pour un prix équivalent. Après plusieurs essais non concluant, le Zune a été définitivement arrêté attestant de la supériorité de l’iPod. Le Zune n’était pas assez différent pour convaincre les consommateurs d’iPod et comme il était proposé au même prix, il n’était pas suffisamment intéressant. C’est ce qu’on pourrait appeler le Zune effect.

La situation est similaire aujourd’hui avec l’iPad. Apple domine outrageusement et Microsoft veut sortir un produit concurrent. Si la Surface n’est qu’un produit similaire à un prix similaire, peu de chance de détrôner l’iPad déjà sur le marché depuis 3 ans. La présence de Windows 8 sur la tablette n’y changera rien puisque c’est une nouvelle interface que peu de gens connaissent pour le moment et qu’en plus les applications doivent être écrites spécifiquement pour le processeur de la machine.

Le problème est que Microsoft gagne principalement de l’argent des ventes de Windows et d’Office. Le marché des PC étant en berne, pour maintenir ses revenus et les augmenter, il faut que Microsoft aille là ou est la dynamique et c’est sur le segment des tablettes. Si le marché de la tablette est un marché ou Windows est majoritaire, le géant du logiciel ira très bien mais si ce n’est pas le cas, cela va être très compliqué.

Microsoft semble l’avoir compris si on suit cette information d’un prix de vente de 200$. L’idée serait de proposer la tablette à petit prix et de se rattraper sur les ventes liées à l’écosystème. Les ventes d’accessoires, de logiciels, d’applications et de biens numériques (films, musiques, …) permettraient de combler le coût de la tablette et d’engranger des bénéfices.

Ce prix parait quand même un peu trop beau pour être vrai donc il faudra attendre pour vraiment savoir ce qu’il en est. Toujours est-il que j’en connais beaucoup qui se laisseraient tenté sans réfléchir s’ils pouvaient acheter une tablette à 200 €.