Avec Windows 8 arrive aussi une nouvelle vérification BIOS au niveau du lancement du système (Secure Boot) qui rend plus complexe le lancement et/ou l’installation de distributions Linux.

Pour simplifier (les experts m’excuseront), le BIOS vérifie une clé au lancement du système et si cette clé ne correspond pas à ce qu’il attend (dans notre cas, Windows 8), la tentative de lancement du système non-validé sera impossible. Fini les Live-CD & Live-USB si chers aux linuxiens !

Le dual boot est bel et bien possible pour tous les utilisateurs de Windows 8 x86 et x64.

Si, officiellement, il s’agit là avant tout d’une mesure de sécurité évitant l’attaque de tout malware dans la séquence de démarrage de Windows 8, certains y ont vu une façon de mettre Linux sur la touche. Il faut néanmoins préciser plusieurs éléments d’emblée :

  • Le Secure Boot n’est présent que dans les ordinateurs vendus avec Windows 8. Les ordinateurs antérieurs ne sont pas concernés ainsi que les ordinateurs « nus ».
  • S’il est activé par défaut dans le BIOS, le Secure Boot est désactivable permettant donc le lancement et l’installation de n’importe quel autre système y compris n’importe quelle distribution Linux. Précision importante : la version ARM de Windows 8, Windows RT, ne permet pas la désactivation du Secure Boot. Pas de distribution Linux pour la Surface donc, du moins dans l’immédiat.
  • De nombreuses distributions, dont les plus célèbres et utilisées (Ubuntu, Fedora, OpenSuse), proposent déjà une solution pour contourner le problème.

Windows 8 Secure Boot

Le fameux Secure boot, désactivable depuis le Bios.

Comme on peut le voir, la situation est donc loin d’être dramatique. Néanmoins, la Linux Fondation, dont l’un des objectifs est de s’assurer que Linux puisse exister et être compatible avec un maximum de produits et d’environnements, veut mettre un terme à ces potentiels freins à l’installation de Linux sur une machine vendue avec Windows 8 en s’assurant que le commun des mortels puisse y procéder même avec l’option de Secure Boot activée dans le BIOS. Pour ce faire, elle travaille depuis quelques temps sur un « pre-bootloader » qui une fois validé par les ingénieurs de Microsoft et testé par la Linux Fondation permettra universellement l’installation de Linux sur n’importe quelle configuration.

Après l’annonce il y a plus d’un mois de la mise en place de ce bootloader et sa soumission aux équipes de Microsoft, il semblerait que les choses piétinent un peu. En cause, d’après James Bottomley, responsable à la Linux Fondation, plusieurs retards du côté de Microsoft : la première soumission est toujours en attente et une seconde, envoyée une semaine plus tard et qui a permis le génération d’un bootloader fonctionnel, est contestée par Microsoft qui l’estime erronément signée. Les raisons de ce second retard sont encore inconnues et tout ce que la Linux Foundation peut faire pour le moment, c’est attendre. « Je ne suis pas sûr de savoir de combien de temps Microsoft aura besoin pour régler ce contretemps », précise Bottomley, « mais j’espère qu’il s’agira tout au plus d’une semaine ».

Unity : la révolution de l’interface opérée par Ubuntu depuis deux ans.

On l’espère aussi mais ces nouveaux délais feront le bonheur de ceux qui voyaient dans l’arrivée du Secure Boot un bâton dans les roues de Linux. En effet, si les distributions Linux restent fort minoritaires dans les parcs informatiques du monde entier, elles n’ont eu de cesse de gagner du terrain ces dernières années, bien aidées il est vrai par la célèbre distribution Ubuntu qui a su allier stabilité et interface moderne.

Ubuntu et le projet Gnome ont même été les premiers à réellement réinventer l’expérience utilisateur de système d’exploitation pour ordinateur avec Unity et Gnome 3. Parallèlement, l’avènement de la mobilité et le développement rapide du cloud, ont progressivement centré l’utilisation grand public d’un ordinateur autour du seul et unique navigateur, faisant dès lors de  Linux un ‘concurrent’ désormais plus sérieux.

Microsoft chercherait-il à tempérer cet essor ? Ce n’est pas impossible même s’il semble simplement s’agir d’un désintérêt de la firme de Redmond avec un effet collatéral pour les utilisateurs Linux. Qu’en pensez-vous ?

 Source : ZDnet