Alors que l’on vient de fêter l’année 2013, vous pensez sans doute qu’il s’est glissé une coquille dans mon titre. Et pourtant non. C’est bien de l’excellente année 2010 dont je veux parler ou plus exactement de l’année scolaire 2009-2010.

2010vs2013

Certains l’auront déjà compris, sur la période que je viens de mentionner se trouvent deux sorties redmondiennes. Il s’agit de la sortie de Windows 7 et d’Office 2010, deux produits nettement salués par la critique et qui sont considérés aujourd’hui encore comme les meilleurs produits de Microsoft sinon parmi les meilleurs.

Il est temps de revenir sur cette année 2010 et les produits qui y sont sorti pour expliquer la stratégie présente et future de Microsoft.

 

La longue nuit

Logo Windows XPEn effet après l’ère XP et Office 2003, il fallait retrouver une dynamique. Windows XP (sorti en 2001) – s’il a été un succès en terme de part de marché et de vente, détenant le record de longévité pour un système d’exploitation (près de 10 ans !) – est en fait un échec implicite de Microsoft : le manque d’innovation. Imaginez que pendant 10 ans rien n’a bougé en terme d’interfaces et de performances logicielles alors qu’entre temps on a vu passer plusieurs générations de technologies processeurs (architecture 64 bits, multi cœur et j’en passe), des changements radicaux en capacités graphiques, l’avènement du disque dur flash SSD (une technologie basée sur des mémoires électriques et plus rapide que les disques durs mécaniques basés sur une technologie magnétique), etc.

 

L’aube d’un monde nouveau

Pour le remplacer il fallait faire un bond prodigieux : interface, performances, gestions de matériels, etc. : tout était à revoir tellement la technologie était vieille. C’est l’échec de Vista : un produit intéressant mais pas prêt. Pourtant il fallait le sortir, car plus on attendait et plus l’échec aurait été catastrophique, les innovations n’attendant pas. C’est donc Windows 7 qui triomphe. Un système d’exploitation vraiment innovant (ou rattrapant le retard ?) sous le capot et une interface s’adaptant mieux aux besoins (et aux performances) grâce à la barre des tâches « dockable ». Tout est bien qui finit bien me direz-vous. Mais non, entre temps le tactile pointe son nez et voilà Microsoft hanté par l’erreur XP du passé : se reposer sur un produit à succès qui continue de plaire ou innover dès maintenant car sinon ce ne sera plus de l’innovation mais un rattrapage. C’est la naissance de Windows 8 et Windows phone 8 (avec Windows phone 7 comme test).

windows vista   windows 7

L’histoire est un peu moins noire pour Office où l’innovation a su être lancée plus tôt avec les rubans dès Office 2007 et complètement adoptée et mature dans la version 2010, créant ainsi un produit d’excellence avec Office 2010 encensé par les utilisateurs (y compris dans sa version 2011 pour Mac). Mais l’innovation n’était plus ici (même si ce qui a été fait était l’étape intermédiaire indispensable). Dès 2011 l’ère tactile était là, trop tôt pour Microsoft.

 

Le risque

Office 2013 arrive sans plaire car la révolution n’est pas en marche. Les interfaces tactiles ne sont pas prêtes. Windows 8 surprend car l’innovation d’interface s’est interrompue pendant plusieurs années, habituant les gens à des interfaces vieillottes. À cause de cette pause XP, c’est en prenant un virage très risqué que Microsoft se lance dans l’interface tactile. Mais le problème est le même avec les autres. Apple n’arrive toujours pas à entrer dans l’ère post PC chère à Steve Jobs et se met en marche de bataille en nommant Jonathan Ive responsable des interfaces logicielles après le mouvement de Microsoft. Android n’entre pas dans cette logique puisque son but est avant tout de forcer l’adoption des outils Google, indispensable au modèle économique de la firme. Il suivra toujours pour proposer une alternative crédible.

windows-8-logo

Ainsi si 2010 avait été une excellente année, 2013, elle, sera l’année des défis… pour le meilleur ou pour le pire. 2010 rattrapait avec succès un retard accumulé. 2013 tente d’éviter un nouveau retard. L’avenir nous dira si 2013 sera excellente ou cataclysmique.