Le développement de Windows 8 et sa mauvaise réception, par le grand public et par la presse spécialisée, auront laissé leur marque dans l’histoire de Microsoft. La société, qui est à la traîne derrière Google et Apple dans le secteur mobile, doit rassurer ses clients historiques sur PC pour les convaincre d’acheter ses produits mobiles ou de souscrire à ses services.

menu démarrer - Windows 10

Rassurer le cœur de sa clientèle

Joe Belfiore, co-dirigeant de l’équipe Windows, l’a répété à de nombreuses reprises hier : les utilisateurs de Windows 7 ne seront pas dépaysés par Windows 10. En fait, l’essentiel de la conférence était tournée vers l’utilisation du bureau classique ou des améliorations des fonctions de Windows 7, comme l’évolution de la fonction Snap. Lors de sa sortie, Windows 8 ne permettait pas de lancer le bureau au démarrage de l’appareil. Ce démarrage directement sur l’écran démarrer a créé beaucoup de confusion et les entreprises ont eu peur de perdre énormément d’argent en formation pour que leurs employés s’adaptent au nouvel environnement, ce nouvel environnement dont au final elle ne voyait pas de grand intérêt en termes de productivité.

Pour autant, en permettant aux application d’être utilisées en mode fenêtré et en intégrant les tuiles au menu Démarrer, Microsoft n’abandonne pas son store d’applications modernes et sécurisées. Mieux, les développeurs pourront maintenant cibler efficacement les utilisateurs du bureau qui jusqu’à présent utilisaient très peu l’écran démarrer et le store, souvent considéré comme tourné vers les appareils tactiles. Microsoft souhaite montrer à tout ses clients restés sous Windows 7 qu’ils ont étés écoutés et qu’ils n’auront plus à avoir peur de changements trop radicaux ou à se passer de l’écran démarrer.

Construire un dialogue pour ne pas réitérer les erreurs passées

L’équipe de développement de Windows va justement et de façon très concrète écouter les retours des utilisateurs tout au long des différentes preview de Windows 10. Les utilisateurs qui téléchargeront la Technical Preview et se seront inscrit au « Insider Program » de Microsoft pourront envoyer des retours sur les différentes fonctionnalités de Windows. D’après la journaliste Mary Jo Foley de ZDNet.com, l’équipe de développement pourrait même proposer des fonctions différentes selon les groupes d’utilisateurs et retenir la solution qui aura obtenu les meilleurs retours.

office feedback

La remise au centre de l’utilisateur final a débuté bien avant l’annonce de Windows 10. En effet, depuis plusieurs mois, Microsoft met en place des uservoice pour chacun de ses produits afin de récupérer les retours et suggestions des clients. Il existe par exemple un uservoice dédié à Windows Phone, un autre pour Xbox Music, un, plus récent, pour Internet Explorer ou encore un pour Cortana. Cortana qui doit d’ailleurs son nom commercial à la fuite de son nom de code sur Internet et à la remontée très positive des fans de Halo auprès de Microsoft.

Le changement de version ne doit plus choquer

Que ce soit Windows Vista en son temps ou Windows 8 plus récemment, ces deux systèmes ont provoqué une telle rupture qu’une majorité des utilisateurs a choisi de rester sur la version précédente du système. Pour Windows Vista, la cause était matérielle, le nouveau système demandait beaucoup plus de performances à la machine que Windows XP, le rendant du même coup incompatible avec les netbooks, nouveau marché en forte croissance à l’époque. Ce fut également le premier système à utiliser le noyau NT 6 ce qui provoqua beaucoup d’incompatibilité avec les pilotes des périphériques qui devaient être réécrits. Pour Windows 8, la première rupture s’est faite à cause de l’interface utilisateur d’une part et pour des raisons matérielles d’autre part. Microsoft pensait à l’époque que les ordinateurs à écran tactile allaient complètement et rapidement remplacer les ordinateurs classiques.

Pour ne plus rencontrer ces problèmes, Microsoft va proposer des mises à jour de Windows beaucoup plus régulièrement, à l’image de ce qu’il propose déjà sur Windows Phone. Il s’est écoulé 1 an entre Windows 8 et Windows 8.1 puis 6 mois entre Windows 8.1 et Windows 8.1 Update, Microsoft devrait continuer dans cette voie avec Windows 10 et pourrait même proposer des mises à jour tout les mois à l’occasion de son Patch Tuesday.

Mettre fin à la fragmentation de Windows sur PC

Avec cette stratégie, Microsoft pourrait bien réunir les conditions pour un système à succès mais il reste de nombreuse questions sur le prix de la mise à jour et sa disponibilité sur les appareils. Si Microsoft veut faire progresser son Store, ce dernier doit avoir le plus de clients possible pour attirer les développeurs tiers. La société utiliserait ainsi sa place de choix sur le marché des PC de bureau et sur celui des consoles de salon pour faire grossir rapidement le store de son univers mobile. Pour que le store ait le plus de clients possible, ces clients doivent utiliser Windows 10, or pour le moment ils sont plutôt utilisateurs de Windows 7 et de Windows XP.

Source : NetMarketShare.com au 02/09/2014

Deux barrières peuvent empêcher les clients de mettre à jour leur système : son prix et les spécifications matérielles requises. Ces dernières ne devrait cette fois pas poser de problème, Windows 10 aura les même exigences que Windows 8.1 qui était déjà très proche de Windows 7. La question du prix en revanche sera cruciale. En 2014, personne n’a l’idée de payer pour mettre à jour le système de son Mac ou de son smartphone, pourtant les ventes de licences de Windows représentent une part importante des revenus de Microsoft et il sera difficile pour le géant de céder à la gratuité, qui deviendrait de facto la norme pour les prochaines versions. Microsoft devrait annoncer et clarifier tout cela à l’approche de la sortie commerciale de Windows 10 en 2015.