Huawei n’a finalement annoncé aucun produit sous Android à sa conférence pré-MWC. Le fabricant l’a plutôt totalement consacrée à son arrivée sur le marché du PC Windows avec le MateBook, un appareil révélateur d’une possible tendance de marché.

IMG_5505

Si mes collègues de FrAndroid ont probablement été déçus de ne voir aucun appareil Android annoncé, ça n’a certainement pas été mon cas. L’arrivée de Huawei sur le marché du PC se fait sur un segment de machine qui commence à se populariser, en particulier chez les fabricants mobiles.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le MateBook ne se place pas vraiment en concurrence frontale des Surfaces de Microsoft, même si Huawei s’est plusieurs fois comparé aux hybrides du géant lors de la présentation. Bien sûr, Huawei va proposer un clavier avec sa machine pour garantir une bonne expérience utilisateur sous Windows, mais à bien des égards, le MateBook semble avant tout être une tablette haut de gamme.

Une tablette ultrafine sous Windows

Le Huawei Matebook est une tablette mobile bâtie autour de la solution Core M d’Intel. Ce processeur permet à Huawei de concevoir une tablette sans ventilateur et donc très fine, puisque seulement épaisse de 6,9 mm.

IMG_20160221_153702

Une fois en main, l’impression de légèreté est immédiate et inhabituelle dans l’écosystème Windows. La tablette est annoncée à seulement 640 grammes avec un écran d’une diagonale de 12 pouces, la densité est donc très faible. L’écran, parlons-en, puisque c’est la pièce maîtresse de la machine. Il s’agit d’un écran IPS avec une définition de 2160 par 1440 pixels. D’après Huawei, l’écran affiche des couleurs très justes, chose impossible à vérifier lors d’une prise en main, mais l’écran semblait de très bonne qualité. Il prend d’ailleurs l’essentiel de la surface avant de l’appareil et les bordures sont vraiment fines de chaque côté. Elles sont trop fines pour accueillir un bouton Windows que Microsoft ne conseille même plus d’intégrer.

IMG_20160221_153722

Cette finesse a un prix, celui de la connectique. Oubliez le DisplayPort ou l’USB Type A d’une Surface, ici nous somme bien face à une tablette mobile et il faudra donc se contenter d’un simple USB Type C. Le fabricant a d’ailleurs fait l’impasse sur un lecteur de cartes, qu’il soit au format SD ou microSD.

IMG_5494

Huawei va donc proposer, une option à 99 euros, un dock USB Type C qui permettra de brancher des périphériques à la tablette. Sur le dock on retrouve les habituels ports USB 3.0 Type A et HDMI. Plus surprenant, Huawei a pensé aux organisations sans vidéoprojecteur dernier cri et a inclus un port VGA à son dock. Le fabricant a revanche oubliée une fois de plus un quelconque lecteur de carte. Il faudra donc utiliser un lecteur de cartes SD par USB pour lire des cartes mémoire sur sa tablette.

IMG_20160221_153726

Sur le côté, on retrouve deux boutons de réglage du volume séparés par un lecteur d’empreintes digitales. Le fabricant réutilise ici son expérience gagnée sur les smartphones où il peut se targuer de proposer les lecteurs d’empreinte digitale les plus performants. Comme sur le Nexus 6P, ce lecteur d’empreintes fonctionne par simple pose du doigt et non par glissement. Le tout est bien évidemment compatible avec Windows Hello, ce qui permettra de s’authentifier sans taper de mot de passe.

Un stylet plus dessin que prise de note

Pour teaser l’annonce de sa machine, Huawei avait mis l’accent sur la possibilité d’utiliser un stylet. Le MatePen a donc été officiellement présenté hier avec le Matebook. Il s’agit d’un stylet capable de reconnaître 2048 niveaux de pression qui sera commercialisé à 69 euros.

IMG_20160221_151538

J’ai déjà testé les stylets de Wacom, notamment sur la Surface Pro 1, et les stylets de N-Trig sur la Surface Pro. Le stylet de Huawei propose une expérience vraiment différente. La mine du MatePen frotte beaucoup plus l’écran que les stylets des concurrents ce qui donne un peu l’impression d’écrire sur du papier épais en appuyant fort avec un Bic. Cette différence me fait penser que la prise de note sera peut-être moins facile sur cette machine. En revanche, le dessin pourrait être plus agréable. Difficile d’en juger quand on n’est pas un dessinateur. La tablette sera d’ailleurs livrée avec Sketchbook d’autodesk, signe que c’est d’abord cet usage que le fabricant vise.

IMG_5479

Plus accessoire, mais révélateur de la clientèle visée, Huawei a choisi d’intégrer un pointeur laser et une télécommande à son stylet. Il sera donc possible de basculer entre les slides d’une présentation d’un simple clic. Pour proposer ce pointeur loser, Huawei a donc fait l’impasse sur une gomme et il faudra utiliser un autre bouton sur le côté du stylet pour effacer ses ratures.

Un clavier beaucoup moins convaincant

Lors de notre prise en main, la plus grosse déception est venue du clavier. Pour proposer une machine aussi fine, Huawei a fait le choix, comme Apple, de ne pas intégrer de pied ajustable à l’arrière de sa machine. Ce choix oblige le fabricant à gérer l’inclinaison de la machine avec le clavier. Il propose donc, comme Apple ou Samsung, un clavier faisant également office de coque et de pied ajustable.

IMG_5465

Cette solution ne nous parait toujours pas convaincante. D’abord le clavier ne proposer que deux positions pour la tablette, l’équivalent des deux premières générations de Surface décriées par la presse. Les positions sont également difficiles à trouver, il faut faire une gymnastique avec les aimants du clavier pour régler l’inclinaison. Une gymnastique qui était difficile aussi bien pour les journalistes que pour les démonstrateurs lors de la session de prise en main.

IMG_5423

Toujours pour viser un marché de professionnels, Huawei a fait le choix du cuir pour son clavier. Malheureusement il semble avoir fait le choix du cuir de piètre qualité. La cover n’était vraiment pas agréable en main et jurait avec les finitions exemplaires de la tablette, au point qu’on se demande si les mêmes équipes ont vraiment travaillé sur les deux produits.

Sur le clavier en lui même, il ne nous a pas semblé aussi bon que celui d’une Type Cover 3 ou 4 de Surface. Les touches sont très rapprochées et la course pas assez importante pour rendre la frappe agréable. Le touchpad est lui assez grand pour être agréable, mais la glisse n’était clairement pas optimale.

IMG_5478

Huawei annonce que cet accessoire sera vendu à 149 euros, on espère donc qu’il s’agit d’une plaisanterie ou que le produit commercialisé sera de bien meilleure qualité. Notez qu’il s’agit d’ailleurs du seul accessoire à ne pas être nommé par Huawei. Le dock est ainsi nommé MateDock et le stylet, MatePen. Un aveu du fabricant ?

Conclusion

Hormis un clavier qui s’est donc avéré assez décevant après cette courte prise en main, la tablette nous a tout de même impressionnés. Pour un premier modèle, Huawei semble signer une tablette haut de gamme sous Windows ultra légère et avec un très bon écran. Avec un tarif débutant à 799 euros, elle se place intelligemment entre les deux gammes de Surface vendues par Microsoft tout en visant l’ultra mobilité au lieu de la polyvalence. Nous pensons donc qu’elle sera plutôt en concurrence avec la Galaxy Tab Pro S de Samsung, une autre tablette très fine avec un écran de 12 pouces et utilisant un Intel Core M.

Le stylet MatePen pourrait permettre à Huawei de se démarquer. Allié à la légèreté de la tablette, il pourrait s’agir d’une machine idéale pour les dessinateurs sous Windows. Ce qu’il faudra confirmer en test, notamment savoir si le processeur Intel Core M sera suffisamment puissant pour cet usage.

Le Huawei Matebook et ses accessoires seront disponibles dans les mois à venir en Europe.