Office 2013 est maintenant sortie en version preview il y a plus d’un mois. Annoncé pour la fin de l’année ou le début de l’année prochaine, Microsoft affirme que cette version est celle de tous les défis. Jamais il n’a été entrepris de version d’Office « plus ambitieuse » dit-on même au sein de la firme. Il faut aussi rappeler qu’Office 2013 représente sans doute ce qui démarquera les futures tablettes Windows 8, à commencer par la tablette Surface, des autres tablettes du marché. Mais qu’en est-il réellement ? La release preview nous dévoile déjà ses secrets : en voici un premier bilan !

 

Installation et premières découvertes

Avant d’aller plus loin, parlons de l’assistant d’installation. Il annonce la couleur… orange. Oui, vous l’aviez tous deviné, après le jaune de la version 2010 (14 pour les puristes), Microsoft propose le orange comme nouvelle couleur : une chose est sure, il est fini le temps où Microsoft ne se mouillait pas et tentait la conciliation. Cette couleur peut sembler anodine mais, à mon goût, elle reflète la nouvelle stratégie de la firme de Redmond : réinventer un design (au sens américain du terme) informatique avec plus ou moins de réussite : chacun se fera son opinion. On ne s’attardera pas sur le nouveau logo, qui est aussi dans la droite ligne du nouveau design : soigné, simple, épuré (et de plus on y reconnait un air de ressemblance avec l’arche de la Défense…).

À part l’emblème de la nouvelle version de la suite logicielle, on pourra aussi retenir le petit diaporama proposé au cours de l’installation qui présente la nouvelle avancée de la suite bureautique : le cloud. En effet, la suite intègre en natif l’ensemble des solutions de cloud computing de Redmond mais nous y reviendront.

Une fois l’installation terminée, on peut découvrir le design radicalement différent des applications d’Office sans pour autant abandonner le ruban. Heureusement d’ailleurs car c’est ce qui a fait le succès des deux dernières version d’Office. Introduit avec la version 2007, c’est ce nouveau fonctionnement par sorte d’onglets/rubans qui remplacent les traditionnelles barres d’outils auxquelles nous étions habitués. Windows 8 oblige, Microsoft se refait un look. Initié par Windows Phone 7 et porté à maturité par la mise à jour Mango, l’interface utilisateur (autrefois appelé Metro et maintenant Windows 8 UI ou Modern UI) est mise en application sur le fleuron de la firme. Et avec réussite, je dois dire. Le nouveau design d’Office 2013  vous surprendra au départ mais vous vous y ferez très vite et vous ne pourrez plus vous en passer (à moins que vous ne puissiez pas vous faire au design Metro de manière générale). Épuré à l’excès, ce design permet de se concentrer sur l’expérience utilisateur plutôt que sur les effets de style certes agréables à l’œil mais qui commençaient à devenir lourd (tant pour les machines que pour les yeux). Aujourd’hui, Office vous propose une interface blanche, des lignes fines et la couleur de l’application.

Figure 1 – À chacun sa couleur

Place maintenant aux différents logiciels et leurs nouveautés.

 

Word

La nouvelle version ne révolutionne pas l’outil de traitement texte largement médaillé d’or pour les logiciels WYSIWYG (What you see is what you get) de traitement texte. En effet les deux dernières versions avaient apporté des fonctionnalités importantes comme l’éditeur d’équation ou encore, pour les typographes, les ligatures.

Cette nouvelle version propose une nouvelle page d’accueil. Cette page existait déjà mais n’était que peu utilisée. Désormais lorsque vous ouvrez Word, plutôt que de vous proposer directement une page vierge, vous aurez le choix, via un carrousel, entre différents types de documents sous différents thèmes (layouts en anglais). Cette nouveauté va permettre de mettre en avant les modèles et styles Word, indispensables pour une bonne utilisation du logiciel.

Figure 2 – Tout un monde de modèles et de styles

On notera aussi la prise en charge de l’édition de pdf. Cela peut dépanner à bien des moments, mais ne remplacera jamais un vrai éditeur de pdf. Ceci dit, il faut rappeler que le pdf est normalement un type de fichier dit final. On peut l’annoter pour modification du fichier source (justement un docx par exemple). Cette modification ne m’emballe pas plus que cela, mais vous serez certainement nombreux à l’apprécier.

Pour ceux qui utilisent déjà largement les styles Word (je le recommande plus que vivement à ceux qui ne le font pas), sachez que les développeurs vous réservent une petite surprise. Il est fini le temps où il fallait jouer de la molette indéfiniment pour naviguer dans de gros documents. Désormais il est possible de replier le texte par titre !

Mis à part ces changements marquants, rien à signaler sinon que docx change de version, la gestion des polices mathématiques pour l’éditeur d’équation est légèrement modifiée (ce qui entraine bien souvent l’incompatibilité des polices mathématiques actuelles) et la gestion des images est mieux contextualisée pour faciliter les accès à différentes options comme le type de positionnement. Enfin les amateurs d’effets visuels en tout genre apprécieront certainement ce que Microsoft a fait pour eux. En effet, cette version d’Office introduit, pour n’en citer qu’un ou deux, un effet de fluidité lors des défilements ou lors de l’apparition des caractères. Ces petits effets sont présents dans toutes les applications pour le plus grand confort de nos yeux.

 

Excel

Excel ayant déjà une très grande avance sur ses concurrents directs, Microsoft peine à apporter des améliorations visibles. Ce logiciel est largement mature et rares sont ceux qui peuvent affirmer connaitre tout de celui-ci. Véritable machine à tout faire, c’est sans doute ce qu’on peut lui reprocher. Cependant l’équipe en charge de son développement s’efforce à chaque nouvelle version de le rendre plus accessible en contextualisant les fonctionnalités. Et pour ce nouveau cru, c’est mission accomplie. En plus du nouveau design qui le rend élégant, beaucoup d’options sont rendus plus accessibles par cette contextualisation… qui gênera sans doute les experts du logiciel lors de leurs premières utilisations de ce nouveau-né de la famille Excel. Pour rappel, la contextualisation est arrivée en même temps que les rubans sur la version 2007. C’est ce qui faisait la force de cette nouvelle interface car les éléments dont on peut avoir besoin sont directement rendus accessibles via de nouveaux rubans qui apparaissent en fonction du contexte, de nos selections.

 

Power Point

Qui aujourd’hui n’a pas déjà eu à réaliser un diaporama avec Power Point ? Le logiciel de présentation de la suite est incontestablement la référence en la matière. Cette dernière version, sans révolutionner le logiciel, apporte son lot de nouveautés et met en avant la fonction de présentation. Déjà existante sur la version 2010, elle était difficile à mettre en place puisqu’il fallait connecter le deuxième écran pour y avoir accès. Avec Office 2013, plus besoin de se connecter au vidéo projecteur pour la cocher. Cette option permet de proposer le diaporama sur l’un des écrans et sur l’autre écran le mode présentateur, qui contient un chronomètre, les notes prises pour la diapositive en cours, de quoi agir sur les diapositives (surligneur, laser, stylo), la diapositive suivante, etc. Cet écran est un véritable atout s’il est bien utilisé. En effet, qui n’a pas déjà eu un problème sur la durée de sa présentation ou un trou de mémoire quant à ce qu’il devait dire sur la diapositive ?

Figure 3 – Vous voici dans la cours des grands

En plus de cette mise en avant, on notera de nouvelles transitions ou effets, comme il est de coutume avec chaque version de Power Point : gare aux soucis de compatibilités avec les versions précédentes…

 

Outlook

Outlook aussi se voit repensé. Outre le nouveau design qui rend le client de messagerie très agréable à utiliser tant pour les courriels et la gestion de son carnet d’adresses que pour gérer ses calendriers, le logiciel intègre désormais la fonctionnalité « reply in-line » (reponse directe en français). Ceci permet de répondre sans ouvrir de nouvelle fenêtre pour rédiger la réponse. Au lieu de cela, l’éditeur de message s’ouvre dans le volet de lecture rapide. Vous continuez ainsi à avoir un accès facile à l’ensemble de vos courriels et calendriers lors de la rédaction de la réponse. Mais attention dès que vous sélectionnez un autre courriel, vous perdez tout ce que vous avez écrit, à moins que vous ayez enregistré votre document avant cette opération. Une habitude à prendre… ou à laisser car ce n’est franchement pas encore très pratique. De plus, cette réponse rapide ne marche pas à tous les coups, puisqu’il faut que le dossier Brouillon soit défini, et ce n’est pas limpide (voire impossible) à faire. Espérons une amélioration d’ici la version finale.

Figure 4 – Reply in-line

Outlook se paye aussi le luxe d’intégrer nativement la connexion à plusieurs réseaux sociaux comme Facebook ou LinkedIn. Initié avec Windows Phone, cette interactivité avec les réseaux sociaux permet d’enrichir très facilement son carnet d’adresses avec les photos tirées automatiquement des profils en ligne. L’intégration va plus loin puisqu’Outlook se charge de rechercher la photo pour n’importe quel courriel entrant en se basant sur l’adresse électronique de l’émetteur. Une fonction gadget, me direz-vous, mais qui humanise votre courriel en permettant de mettre facilement un visage sur vos interlocuteurs.

Il faut noter tout de même que cette version comporte moins d’options que la précédente en terme de paramétrages des comptes emails. Cela ne gênera que ceux qui utilisent les fonctions avancées du courriel. Cependant, à la longue, il est pesant de devoir marquer comme lu les messages que l’on envoie ou de ne pas  pouvoir vider la corbeille automatiquement à la fermeture d’Outlook. Il est probable que ces fonctionnalités, propre à l’imap (le protocole qui permet de synchroniser ses courriels sur plusieurs appareils), seront (il faut l’espérer) mieux prises en charge. L’éternel « je t’aime moi non plus » entre Microsoft et l’imap semble perdurer…

 

Skydrive

Cela peut paraître surprenant, mais SkyDrive est l’une des premières solutions de stockage en ligne qui fut proposée historiquement. En effet cette solution est sortie en 2007 (pour rappel, Google Docs sort en 2006 et DropBox en 2008). Mais ce qui faisait la force de cette solution c’était le stockage disponible gratuitement : dès 2008 on disposait gratuitement de 25 Go ! Aujourd’hui les nouveaux comptes ne disposent que de 7 Go (les anciens conservent leurs 25 Go).

Avec cette nouvelle version d’Office, Microsoft propose (enfin) une intégration native de SkyDrive. Commune à tous les logiciels de la suite bureautique, cette intégration de Skydrive en natif est pour le moins bienvenue. Par défaut, il vous est désormais proposé de stocker vos documents sur votre espace de stockage Skydrive. Rappelons que cet espace est gratuit. Pour en avoir un il vous suffit d’avoir un compte en ligne de type hotmail ou équivalent (live, outlook désormais, etc.). Un espace de 7 Go est ainsi disponible pour stocker vos documents ou les partager.

En plus de cette prise en charge native, Microsoft propose sa suite bureautique en ligne : Office web app. Avec l’arrivée de cette nouvelle version desktop, la firme de Redmond met à jour les applications en ligne en enrichissant leurs possibilités et en améliorant significativement l’interaction entre la version desktop et la version en ligne. Ainsi, où que vous soyez vous pourrez avoir accès à vos documents et les modifier.

Cette fonctionnalité intéressera surtout le monde professionnel pour lequel Microsoft promet une véritable solution de cloud computing collaboratif grâce au couplage avancé permis avec les comptes Exchanges proposés aux professionnels.

 

Conclusion

Après un mois d’utilisation intensive, je suis conquis. Cette nouvelle version s’avère agréable à utiliser tous les jours… à condition d’apprécier Modern UI. Les avancées des versions précédentes sont toujours là et les nouvelles fonctionnalités s’apprivoisent rapidement. Sincèrement avec ce nouvel Office, Microsoft rend une bonne copie qui mérite une bonne note. Il est évident que le design ne plaira pas à tout le monde et c’est sans doute ce qui abaissera la note de cette nouvelle version. Il faut aussi noter que cette version est résolument tactile. Or c’est précisément ce que nous n’avons pas pu tester. C’est ici aussi que la note sera définie. D’autant plus que les rumeurs actuelles semblent annoncées une version « réduite » pour les tablettes.

Il y aurait encore beaucoup à dire de cette version preview. Mais vous en savez assez pour vous faire une idée de ce qu’elle apporte. Bien sûr les logiciels OneNote, SharePoint, Publisher, etc. sont présents avec des nouveautés, bien sûr tout n’est pas répertorié à propos de Word, Excel, Power Point ou Outlook. Si vous voulez en savoir plus il ne vous reste plus qu’à installer cette version bêta et la tester vous-même (c’est par ici). Malgré sa grande stabilité cette version reste une version de démonstration qui peut engendrer des soucis de compatibilité ou tout simplement avoir encore des lacunes voire des bugs. À vous de voir selon vos besoins. Sachez tout de même que cette preview peut être installée “à côté” d’une autre version d’Office. Et puis profitez des commentaires pour nous dire ce que vous en pensez et surtout nous faire part de vos trouvailles !