Après celui de la VivoTab RT, FraWin vous propose le Test de l’Acer Iconia W510, un nouvel hybride ordinateur tablette sous processeur Intel.

L’Acer Iconia W510 représente en quelque sorte la tablette sous X86 la plus attendue et la plus « disponible » sortie sous Windows 8. Avant la sortie de l’OS de Microsoft, et lorsqu’on avait eu l’occasion de voir les différentes tablettes prévus en Novembre dernier, c’était bel et bien l’Iconia W510 qui nous avait fait la plus forte impression, de par son faible poids, sa finesse,  son dock clavier et l’autonomie gargantuesque que nous promettait Acer.

Sachant qu’en plus on pouvait faire tourner des applications hors Windows Store sur la tablette (puce Clover Trail oblige) on avait alors quelque chose qui était très prometteur. Mais après avoir passé quelques semaines avec, et en voyant sa disponibilité, on est un peu contrait de doucher notre enthousiasme. Allons faire un petit tour du propriétaire et voyons en quoi ce paradis pour étudiant au premier coup d’oeil est devenue une déception au fil des jours.

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Avant de rentrer dans le vif du sujet, petit topo sur ce qu’est ce produit et ses caractéristiques. L’Iconia W510 est donc une tablette proposant un écran de 10.1 pouces d’une résolution de 1366 x 768 pixels, un processeur Intel « Clover Trail Atom Z2760 cadencé à 1.6 Ghz, 2Go de RAM, une mémoire interne de 64 Go extensible de 32Go maximum avec une carte micro-SD, deux appareils photos de 8 et 2 Mégapixels et enfin un dock clavier qui rajoute en plus une batterie supplémentaire (en option).

Des caractéristiques techniques alléchantes qui permettent donc de faire tourner Windows 8, tout cela enrobé dans une belle apparence fine de 8,9 mm et avec seulement 570 grammes sur la balance. Autrement dit, la tablette a de sérieux atouts pour nous convaincre de franchir le pas, et seuls les férus de puissance et de jeux ne trouveraient pas leur bonheur dans ce produit, qui a en plus le bon goût selon Acer d’arriver à atteindre 18h d’autonomie avec son dock et 10h avec la tablette seule.

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Un bureau enfin utile dans une tablette ! (enfin presque)

 

Boîte et packaging

L’Iconia W510 nous a été prêté lors de l’opération Try & Like organisée par Microsoft en fin d’année dernière, nous permettant dès lors de la tester durant 1 mois. Je ne l’ai pas personnellement gagnée mais un membre de la famille a eu la chance d’être sélectionné et m’a permis d’avoir accès n’importe quand à la tablette.

Ce qui a deux incidences : nous n’avons donc pas reçu de boîte mais uniquement le couple tablette/clavier, une housse spécialement réalisée pour l’opération et un câble propriétaire ressemblant étrangement au câble USB ancienne génération d’Apple : on avait donc le minimum syndical et pas de boite à proprement parler. Secundo, j’ai eu donc quasiment deux fois plus de temps pour la tester que pour une période de test normale, ce qui a fait que la tablette a pu réellement être testée, ce qui me permettait de savoir si l’attrait de la nouveauté s’estomperait avec le temps, rendant le test plus légitime et objectif.

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Tour du propriétaire

Bon, parlons un peu de la tablette, c’est bien pour ça qu’on est là. Globalement d’un point de vue esthétique la tablette nous a fait bonne impression. Elle est en plastique (qui a quelques fois un peu craqué mais rien de dramatique) mais avec une finition métallisée du plus bel effet sur la tablette et le clavier. Sur la face avant de la tablette on a donc un écran de 10,1 pouces en 16/9 ce qui oblige un peu à tenir la tablette en paysage si on ne veut pas être pris pour un idiot. On note bien évidemment le bouton sensitif Windows qui nous permet de revenir au menu de base et une caméra visio de 2 Mégapixels tout en haut.

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L’écran de la tablette est donc une 10,1 pouces d’une résolution assez commune de 1366 x 768 pixels, mais ceci n’entrave pas la qualité de lecture de l’affichage. Globalement, la luminosité est tout à fait satisfaisante (quoi que trop forte en luminosité minimale) et le rendu global bien bon. On n’est pas des experts de l’écras et on ne juge ça que sur le ressenti, mais toujours est-il qu’il est plutôt bon. Une petite particularité de l’écran est qu’il est de type IPS, c’est à dire autorisant de vastes angles de vision bien appréciable lorsqu’on doit regarder un film ou des photos avec des personnes autour de soi. Au final, c’est du bon même si on aurait aimé avoir une définition peut-être plus importante, malheureusement seules les tablettes sous Core ix auront droit à ce luxe. Ce choix permet cependant à l’écran de ne pas trop tirer sur la puissance et l’autonomie, nous permettant d’avoir un écran de bonne qualité sans pour autant avoir à compenser les pixels en plus par une batterie encore plus grosse. Autre chose à noter, c’est l’angle 16/9 de la tablette qui oblige quasiment une lecture en mode paysage. Lorsqu’on tient la tablette en mode portrait, la longueur de la machine est bien trop longue et c’est vraiment étrange en terme de feeling, ça n’est pas naturel du tout (voyez le menu d’accueil de Windows 8 en mode portrait, c’est la foire du ridicule)

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Sérieusement c’est un gros non

On continue notre petit tour avec deux enceintes qui sont présentes avec une sur chaque côté, comme par hasard pile placées à l’endroit où on tient la tablette. Bravo Acer pour ce choix ergonomique tout à fait pertinent ! En conséquence, on a le son qui est bouché par nos mains la plupart du temps et on doit alors changer de position pour entendre quelque chose, ce qui est vraiment dommage. Après, en dehors de ce problème, la qualité sonore était loin d’être mauvaise mais elle se rapproche bien plus de ce que propose un smartphone qu’un ordinateur portable. S’il n’est pas donc pas très fort et que les basses sont absentes, le rendu des médiums est précis et il n’y a aucun problème de compréhension. Pas si mal après tout !

Pour le reste, on a sur la droite un port micro-HDMI pour la brancher sur la télé, un autre port Micro-SD pour augmenter la capacité de stockage, un port micro-USB et sur le clavier un vrai port USB 2.0. Au-dessus, on a le bouton d’alimentation, un autre bouton très pratique pour bloquer l’accéléromètre et une prise casque 3.5 mm. On a donc largement de quoi combler nos besoins et c’est franchement fort pour une tablette de proposer autant de ports, un très bon point donc. Un petit mot sur la prise casque qui est assez mal placée : on doit se débattre avec le câble qui aura tendance à se balader régulièrement devant l’écran.

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Un petit coup d’œil au bas de la tablette nous montre qu’elle est uniquement dédiée au rechargement de celle-ci via un port propriétaire et deux trous pour pouvoir clipser le clavier. Un petit mot sur la finesse de la tablette qui est réellement excellente avec 8.9mm et un poids assez agréable de 570 grammes. Personnellement,  ce fut la première tablette que j’avais l’occasion de tester durant une longue période et j’ai néanmoins trouvé que c’était encore un peu trop lourd pour moi. Si on rajoute le clavier, on passe à 1,3kg ce qui est vraiment pas mal du tout pour un mini ordinateur portable et pour un produit aussi « rembourré » de batteries : on rappelle que chaque partie du combo possède une batterie longue durée qui donne à l’Iconia W510 une autonomie exquise (plus de détails dans la suite du test). Dans un sac à dos le poids est vraiment idéal pour se faire oublier, du tout bon !

Néanmoins, il faudra encore, d’un point de vue purement tablette, travailler un peu plus pour les 10 pouces face au côté pratique et ultra léger des tablettes 7 pouces qui sont très cohérentes en tant qu’alternative ludique au PC. Néanmoins, l’esthétique est très plaisante et la tablette m’a étonné face à la réputation d’Acer que j’avais un peu naïvement dans ma tête : la tablette est fort bien conçue et je n’aurais que bien peu de mal à la critiquer de ce point de vue.

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Passons au clavier AZERTY là aussi en plastique mais avec des touches en disposition chiclet et un grand nombre de raccourcis présents à activer avec la touche FN. On retrouve donc le fameux port USB sur le côté droit et un port pour le recharger sur le côté gauche. L’insertion de la tablette dans le dock se fait assez facilement et même si on a un peu de jeu entre les deux parties, le résultat est néanmoins très satisfaisant.

Contrairement à la Vivo Tab RT d’Asus, le mécanisme pour enlever la tablette se trouve sur le dock même via un petit bouton ce qui facilite grandement la manipulation. Autre petite découverte, la tablette étant plus lourde que le clavier, elle penche un peu mais une fois posée sur une surface stable il n’y a aucun problème et le couple n’a aucune chance de tomber à la renverse. Bon, ça a l’air pas mal mais si on écrivait un petit article pour Frawin dessus ? Et là, le bât blesse, la chapelle s’effondre, catastrophe des catastrophes : c’est une horreur.

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Le trackpad crie désespérément pour un retour au SAV

On va résumer ça en quelques points : les touches sont trop petites, beaucoup trop dures et il arrive souvent que Windows ne reconnaisse pas les touches qu’on a appuyé. Au final, ce fut presque un miracle d’écrire une phrase sans lettres laissées de cotée,  phénomène qui s’est produit assez souvent avec la touche A. _vouez que c’est p_s géni_l. Quand on est étudiant et qu’on souhaite noter tout ce qu’on entends de façon rapide et sûre, le couple tablette/clavier donne un résultat bien inférieur à un netbook normal. C’est vraiment dommage car si Acer avait travaillé plus longuement sur le feeling des touches et surtout sur leur réactivité, on aurait eu malgré la petitesse de l’ensemble un outil assez performant. Coup dur amplifié par le trackpad désastreux.

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C’est ce bouton qui permet de désolidariser la tablette du clavier

Le trackpad, justement,  est sans conteste un des instruments les plus utiles pour naviguer sur un ordinateur portable sans avoir de souris encombrante à portée de mains. Le problème c’est que quand il est raté, c’est toute l’expérience du netbook convertible ou de l’ordinateur portable qui tombe à l’eau. Et malheureusement, le trackpad du W510 fut extrêmement capricieux sur mon modèle. En pratique, ça se conclue par le curseur qui refuse de bouger, qui reste bloqué verticalement (quand je veux aller à gauche, il monte ou descends) ou une fâcheuse tendance à aller dans le sens inverse de celui que je voudrais. Bref, un fiasco total. Toujours est-il qu’Acer a reconnu le problème comme étant un souci hardware et qu’il faut renvoyer la tablette au SAV pour avoir un bon modèle. Pour un produit repoussé de 2 mois (elle était prévue une semaine après la sortie de Windows 8) et vendue à 600€, on est tout tout près du carton rouge.

Windows 8

On ne va pas enterrer une tablette qui se transforme en netbook avec un clavier optionnel, il reste toujours la possibilité de l’utiliser comme tablette toute simple. Bien évidemment, la particularité de la tablette n’est pas son clavier détachable, Asus ayant popularisé le concept depuis 2 ans. C’est l’OS qui est l’attrait principal avec ce côté hybride tablette/PC de bureau qui peut paraître un peu contradictoire au premier coup d’oeil mais qui cache un OS moderne et complet, Windows 8. Je pense que vous connaissez l’histoire : on a donc un nouvel écran « démarrer » proposant des tuiles directement inscrites dans le design initié par Windows Phone et qui permettent une navigation entre les programmes et dans les programmes spécifiquement étudiée pour l’usage tactile, et un bureau tout ce qu’il y a de plus classique à côté. Le petit truc en plus de l’Iconia W510 est qu’elle est une des premières tablettes à avoir Windows 8 Pro, on peut donc installer des applications Windows natives et ça, c’est vraiment excellent dans le principe. Enfin une tablette qui propose toutes les options de votre PC de bureau ou celui de votre ordinateur portable ! Ramené à l’échelle d’une tablette, c’est une mini-révolution qui s’inscrit assez bien dans le contexte post-PC d’Apple : le PC est plus mobile et tactile que jamais.

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On avait donc beaucoup à faire pour tester le bureau et son fonctionnement avec l’écran tactile. Pour clarifier un peu mon ressenti, je dirais que Windows 8 et sa double personnalité à vouloir être un OS PC et un OS tablette est à la fois sa force et sa faiblesse. Sur le menu Windows 8 UI, l’écran tactile est un pur régal : le système est d’une fluidité incomparable et si les applications prennent un peu de temps à s’ouvrir, la tablette n’étant pas forcément très puissante, c’est surtout la réactivité excellente qui prime. Le multi-tâches est facile et rapide, toujours très fluide et parfaitement utilisable. A contrario, dès qu’on entre dans l' »application » bureau, l’écran tactile est un luxe qu’on se passera volontiers : la souris sera donc votre meilleure alliée (heureusement qu’on a un port USB sur le clavier, malheureusement vous devrez avoir une souris Bluetooth pour la connecter sur la tablette uniquement !) et on ne voit pas du tout comment cette interface peut-être pratique avec un écran tactile. Bien évidemment, le menu « démarrer » est bien moins intuitif et facile à comprendre avec une souris qu’avec un écran tactile.

Je ne vais pas refaire un test de Windows 8, que vous pouvez retrouver ici, mais mon avis personnel est que dans peu importe dans quel type d’ordinateur sera Windows 8, objectivement il ne sera jamais « vraiment » à sa place. On a cependant assez de nouveautés dans le bureau classique pour nous permettre de l’utiliser uniquement dans ce mode, ce qui donne à la tablette convertible une aura très netbook mais en plus rapide et en plus léger. Pourquoi se plaindre ? On aurait donc des nouveautés des deux côtés du miroir avec possibilité de basculer de l’un à l’autre très rapidement et très facilement.

De ce fait, j’avais donc beaucoup de plaisir à enfin utiliser cette interface très tactile sur un écran… tactile. Malheureusement, il se trouve que j’ai eu quelques bugs forts gênants qui ont quelque peu gâché mon expérience. Premièrement, les gestes à effectuer de Windows 8 se font en swipant de l’extérieur de l’écran vers l’intérieur pour afficher une fenêtre ou une action à réaliser. En tant qu’amoureux des images, je vous ai fait une petite illustration sur Paint (aucune honte !)

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Comme vous le voyez, ces 4 actions sont indispensables et servent de ciment pour l’ergonomie de Windows 8. Il se trouve malheureusement, comme le montre les bandes rouges, que dans un premier temps le menu des réglages et celui pour fermer une appli (et changer d’onglets dans Internet Explorer) ne voulaient plus du tout fonctionner. Comment je fais pour supprimer une appli de mon menu démarrer ? Comment je change d’onglets sur IE ? C’est bien simple, c’était impossible. J’ai du donc un peu bidouiller et entrer dans quelques réglages de Windows 8 via le venu panneau de configuration (que j’ai fais avec une souris si vous m’avez bien compris !), désactivé puis réactivé la couche tactile et enfin mes swipes vers le haut et le bas de l’écran fonctionnaient. Mais cette fois c’est les bords gauche et droite qui ne fonctionnaient plus ! Il fallait que je glisse vraiment très délicatement pour que le menu apparaisse, et il arrivait souvent au bout de vingt tentatives. Non franchement, glisser trente fois son doigt vers la droite pour juste me permettre d’éteindre la tablette avait un côté comique indéniable.

A partir de ce moment là, j’ai su que l’alchimie hardware/software n’était pas vraiment au point. Et j’omets presque de parler de la dizaine de freezes qui apparaissaient par ci par là de façon totalement aléatoire durant mon mois de test. Certes la tablette s’allume en moins de 20 secondes, mais quand on pers une page sous Word et qu’il faut mendier auprès de nos amis étudiants pour rattraper la faute de la tablette, nos amis Apple-addict se moquent un peu de nous. Bref, l’étudiant que je suis a été quelque peu déçu de tous ses bugs, à fortiori lorsque mon netbook sous Windows 7 qui a été amélioré sous Windows 8 ne présente aucun bug et fonctionne formidablement bien (mais sans écran tactile).

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Un petit mot sur les applications qu’Acer a rajouté à Windows 8 : beaucoup d’applications qu’on trouve déjà sur le Store (deezer par exemple) mais une seule est exclusive à Acer : l’Acer Ring est un gestionnaire de fichiers qui s’ouvre en appuyant nos 5 doigts sur l’écran. Le but était de proposer une interface personnalisée et adaptée au tactile pour pouvoir bouger les fichiers de façon plus facile que sur le bureau encore trop classique, et c’est une réussite ergonomique et pratique. Il faut s’y habituer, mais c’est toujours plus rapide que d’aller chercher sa souris ! En plus de ça, on a aussi des petits raccourcis pour gérer le son (la barre tout à droite) et pour gérer notre playlist. Ce petit programme amène donc une belle valeur ajoutée.

Performances

En terme de rapidité de chargement de pages et d’applications, on se trouve entre une Surface RT et un netbook un peu plus puissant. En définitive, l’Atom Z2760 est bien plus puissant que la précédente génération d’Atom de nos bien aimés netbook mais pas assez pour en faire un vrai ordinateur passe-partout et polyvalent. Pour un usage purement bureautique, c’est à dire aller sur internet, checker les mails, la tablette est rapide et amène entière satisfaction.

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Pupuce ! Viens voir papa

Par contre en ce qui concerne le jeu, à part des jeux très anciens du type Age of Empires 1 ou 2, ça se limite aux jeux un peu basiques de type smartphone : Angry Birds, Jetpack. Il faut dire qu’avec la pure PowerVR SGX 545 qui commence malgré tout à peu prendre de l’âge, il ne faut pas compter lancer des jeux comme sur son PC de bureau ou sur un PC portable puissant. Du coup c’est un peu dommage vu que la carte graphique prend de plus en plus de place dans les logiciels X86 et que du coup, les contenus en Flash, les logiciels de traitement d’image ou de son ou les jeux plus ambitieux ont énormément de mal à tourner, coupant le principal attrait de Windows 8 et sa compatibilité totale avec les application X86. Du coup, on se retrouve à avoir le même usage que sur une Surface RT : utilisation à 80% en mode Windows 8 UI et 20% en mode bureau pour les logiciels de traitement de texte ou pour VLC (qui manque cruellement sur Windows RT, mais qui ne va plus tarder désormais !)

Sur PC Mark, le processeur atteint le score ridicule de 679 points alors qu’un Core i7 tourne autour de 8000 points, ce qui montre bien le gouffre technique entre ses deux types de processeur. Bien évidemment, si la puissance n’est pas la même, leur consommation non plus et il faudra donc faire un choix entre autonomie ou puissance.

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Étiquette Intel Atom en guest-star

Comparé à une Surface RT et à son Tegra 3, on retrouve à peu près les mêmes performances avec en plus toutes les applications X86 qui sont plus flexibles et plus riches que les applications issues du Store. Sachant que la W510 est proposée au même prix que la Surface RT (600 euros avec le clavier), Intel et Acer ont bien placés leurs pions et assurent une concurrence impitoyable au Tegra 3 et à Windows RT. Quitte à choisir, on se dirigera donc vers l’Atom qui propose le même niveau de performance avec des applications en plus qui peuvent se révéler très utile. Il faut dire aussi que ce manque de puissance entraîne également un point fort : l’absence totale de ventilation qui rends notre PC ultra-silencieux. Malheureusement, il se peut qu’elle chauffe assez fortement lorsqu’on joue à un vieu jeu X86 ou pendant une lecture en flash : on préférera laisser un peu la tablette se reposer au risque d’avoir encore une fois un maudit freeze.

Appareils photo

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Je vais être assez rapide en affirmant que les photos prises avec le W510 sont peu ou prou à la hauteur de celui de sa concurrence Vivo Tab RT : l’image n’est pas si mauvaise que ça et la balance des blancs fait correctement son boulot. Certes quand on passe d’un reflex à une tablette la différence est frappante, mais ce ne sont pas les mêmes usages, celui de la W510 servant uniquement d’appoint.

Néanmoins, j’aurais vraiment du mal à m’enthousiasmer autour de la qualité des clichés qui est franchement mauvaise en basse-lumière et sous lampe halogène. Avec une bonne lumière l’image est alors assez piquée et équilibrée, mais bon, il faut bien le tester un peu et dès qu’on le place dans des conditions plus difficiles, les capteurs ne tiennent plus la route. A noter qu’avec 2 Mégapixels, la caméra frontale  est assez satisfaisante avec un usage purement axée sur Skype et rempli correctement son boulot.

Autonomie

Si l’Iconia est une tablette bourrée de défauts avec un clavier désagréable et un software buggé, l’autonomie parviendrait presque à renverser notre jugement : oui l’autonomie est monstrueuse et oui ça vaudrait peut-être le coup d’investir pour cette raison.

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La tablette en elle-même dure un peu plus de 9 heures en situation de surf sur internet, avec le push automatique des mails et toutes les mises à jour effectués par les tiles. Mais quand on adjoint le clavier, on double littéralement l’autonomie et on arrive au chiffre faramineux de 17-18 heures ! Acer communique sur les 18h que peut atteindre l’Iconia W510 et ne s’y trompe pas : ce chiffre est sans précédent dans la petite histoire de l’informatique. En pratique, j’avais beau utiliser toute la journée ma tablette (soit à peu près 6 heures de travail avec le wifi activé), je n’ai eu besoin de le recharger qu’au début du 4ème jour. Réellement il y a quelque chose de révolutionnaire là dedans : c’est tellement pratique de partir en week-end sans chargeur en ayant la confiance totale que son produit ne tombera pas en rade de batterie. Pour l’étudiant c’est le top puisqu’il n’aura même pas forcément besoin de la wifi : on atteint donc presque 20 heures d’autonomie et un rechargement tous les 4-5 jours. Certes la prise de rechargement est propriétaire mais vu qu’on l’utilisera 4 fois moins que pour recharger notre smartphone, c’en est presque anecdotique.

Bref, gros point fort que l’autonomie de cette tablette qui dépasse nos espérances les plus folles. Si le trackpad est corrigé, le clavier amélioré et que le software est enfin stable  (soit ce sera corrigé dans les usines de production soit dans le version 2 de la tablette), on aura alors un produit taillé pour les étudiants (mais aussi les Pro) et pour leur besoin d’autonomie important. Dans tous les cas, Acer tient le bon bout et la W510 propose, globalement dans notre test, enfin un registre où elle excelle.

Conclusion

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On arrive enfin à la conclusion et il est temps de faire un premier bilan à l’utilisation de cette tablette. Vous allez croire après avoir lu mon test que je vais dépasser ma haine des bugs et des problèmes mécaniques face à la surpuissance de l’autonomie du couple tablette/clavier ? Les occulter serait trop facile, la tablette ayant beaucoup de problèmes et se révèle au final plus frustrante que réellement enthousiasmante.

Il ne fait aucun doute que le coeur de cible de cette tablette est une logique jeune et étudiante, qui trouvera un intérêt immense à avoir cette autonomie à portée de mains. Peut-être qu’une partie du public arrivera à s’habituer aux problèmes et les dépasser, peut-être qu’une autre partie sera exaspérée et que l’autonomie ne comptera plus puisque la tablette ne fonctionne pas correctement. Mon ressenti se trouve un peu dans les deux camps, l’autonomie est incroyable mais les bugs sont trop présents et gâchent mon expérience avec cette Iconia W510.

Néanmoins, il y a quelques bons points à souligner : les efforts d’Acer dans le design qui est à la fois esthétique et pratique par sa finesse et son faible poids, de même que Windows 8 est excellent sur une tablette et démontre tout le travail mis en oeuvre par Microsoft pour rendre plus accessible l’OS x86 aux écrans tactiles. La convergence n’est cependant pas encore au point : le processeur est trop faible pour permettre de  complètement éclipser Windows RT mais le bonus d’applications en plus qui fonctionnent à de quoi séduire. Cette fameuse symbiose parfaite entre bureau et Windows 8 UI se trouvera peut-être dans les futures générations de puces Intel, mais reconnaissons qu’Acer a construit un beau produit qui souffre malheureusement de l’instabilité du couple hardware/software et sur une partie clavier/trackpad très décevante. Allez Acer, on retentera au prochain round !